Like a Dragon Infinite Wealth: Aoki & Shimohara Explain the Music Logic
Aoki et Shimohara, deux figures clés derrière la musique et le son de la série Like a Dragon, ont détaillé la logique créative qui a guidé Like a Dragon: Infinite Wealth, de la gestion du contraste entre Ichiban et Kiryu à la rareté d’une bande audio essentiellement instrumentale sur l’ouverture et les crédits.
Une écriture musicale pensée pour le jeu… et pour tout le public
Chihiro Aoki explique que la musique de Like a Dragon a toujours été conçue en gardant à l’esprit le marché international, y compris dès les premières années. Si les styles et ambiances ont évolué au fil des épisodes, ce n’est pas, selon elle, une conséquence directe de la popularité croissante de la franchise à l’étranger. L’objectif prioritaire a été de produire des morceaux adaptés aux besoins du jeu lui-même.
Avec l’essor des réseaux sociaux, l’équipe peut aussi affiner ses choix grâce aux retours de joueurs, au Japon comme à l’international. Aoki dit analyser les différences perceptibles entre le Japon et d’autres pays, en particulier quand certains titres semblent mieux “coller” à une attente ou à un goût local.
Ichiban plus léger, Kiryu plus mélancolique : l’équilibre dans Infinite Wealth
Aoki revient sur un défi narratif et musical : Ichiban est décrit comme plus léger que Kiryu, et cette différence doit se refléter dans Infinite Wealth. D’après elle, la difficulté a été d’éviter qu’une approche trop “mélancolique” pour Kiryu ne casse l’équilibre global du jeu.
Elle souligne notamment que Like a Dragon Gaiden: The Man Who Erased His Name fonctionnait naturellement avec une atmosphère plus sombre puisque Kiryu y était le seul protagoniste. Mais pour Infinite Wealth, l’ensemble du voyage — centré sur Kasuga à destination de Hawaii — est construit sur une tonalité plus légère. Résultat : l’équipe a évité de réutiliser la même recette que sur Gaiden, pour que la mélancolie associée à Kiryu reste cohérente une fois juxtaposée aux autres morceaux du jeu.
Pourquoi l’intro et les crédits sont instrumentaux (et ce que ça change)
Un autre point marquant abordé par Aoki : le choix d’une musique instrumentale pour la vidéo d’introduction et pour les crédits. Elle rappelle que l’équipe avait déjà décidé d’utiliser un morceau de Ringo Sheena au moment de lancer le travail sur la cinématique d’ouverture. Pour maximiser l’impact de ce morceau et éviter que des titres trop proches ne reviennent ailleurs dans l’expérience, la décision a été de cadrer l’ensemble avec une musique instrumentale, de l’introduction jusqu’à la fin.
Pour Aoki, ce n’est pas un simple effet de style : c’est une recherche d’équilibre dans la performance musicale globale du jeu.
Pas d’hommages “RPG classiques” comme objectif : la direction musicale reste Like a Dragon
À propos de l’influence d’autres franchises (comme Dragon Quest ou Final Fantasy), Aoki précise que le virage RPG de la série a déjà inclus des clins d’œil, notamment avec Yakuza: Like a Dragon, et que la musique en portait aussi les traces.
Pour Infinite Wealth, elle dit toutefois que l’équipe a choisi de s’abstenir de ces hommages dans différents aspects du jeu, et qu’ils n’ont pas été recherchés comme objectif explicite pour la création des morceaux. La base musicale reste, selon elle, fidèle à l’ambiance caractéristique de Like a Dragon : une musique intense destinée à refléter le drame humain, plus qu’à “imiter” des signatures d’autres RPG.
Le son de la licence : rester cohérent même quand le concept change
Fumiyoshi Shimohara, directeur du son sur Yakuza: Dead Souls, explique que l’expérience de ce titre était encadrée par une idée simple : même si intrigue et systèmes de jeu diffèrent fortement des épisodes précédents, le design sonore de la licence Like a Dragon s’appuie autant que possible sur la direction et le game design imposés par le scénario.
Il affirme donc que l’approche n’a pas été significativement modifiée pour Dead Souls. Au début du développement, certaines discussions ont évoqué une orientation vers l’horreur ou des zombies, mais après des essais, l’équipe a retenu l’option de garder un son cohérent avec le reste de la franchise.
Shimohara ajoute que cette continuité s’appuie sur l’expérience acquise sur d’autres titres de la même famille, citant Kenzan! et Ishin!, dont le développement aurait été “crucial” pour la série principale.
Karaoké mondial : une popularité connue, mais une production inchangée
Enfin, Shimohara aborde le karaoké, pilier de la série depuis plus d’une décennie. Il reconnaît que l’attention mondiale autour de “Baka Mitai” existe bel et bien, mais dit que cela n’a pas changé la façon de produire les chansons de karaoké : l’équipe cherche d’abord à centrer la musique sur le cadre et les personnages propres à chaque jeu.
Sur les influences musicales, il précise que la majorité des concepts proviennent du responsable du contenu, Ryosuke Horii (directeur en chef de la licence Like a Dragon). Parfois, la division son fait aussi des propositions, mais la production consiste surtout à poursuivre la vision déjà établie par Horii, tout en s’appuyant sur des tendances et arrangements issus de la pop japonaise.
Ce qu’il faut surveiller ensuite
- Comment Infinite Wealth maintient le contraste entre Ichiban et Kiryu via l’architecture musicale, malgré une tonalité générale plus légère.
- Si la structure “instrumentale” ouverte et crédits introduite pour Infinite Wealth devient un choix durable ou un cas spécifique.
- La manière dont l’équipe continue d’encadrer les chansons de karaoké : popularité mondiale d’un côté, cohérence narrative de l’autre.


